And it was like…

(English below)

     Le tourisme est devenu un rituel. Chaque endroit est savamment balisé, tout est présenté. On se suit par vague sur des sites qui ne désemplissent pas.  On vient « voir » mais surtout on vient enregistrer la preuve de sa présence : «  j’y suis » (sur les réseaux sociaux), «  j’y reste » (avec la photographie). L’image parfois se substitue au voyage : « c’était bien tes vacances ? – je sais pas, j’ai pas encore vu mes photos. » Cette pratique nous dépasse, elle fout le vertige. D’année en année, l’industrie du tourisme s’empare de toute géographie.

Isuien - copie

     Le Japon, terre de photographie et de photographes, vit dans un bouillonnement quotidien de représentations. De tout, de rien, mais surtout les mêmes. Ce projet est né du malaise face à ces foules de photographies, face à l’épuisement des lieux visités, face à moi-même fatigué. J’avais besoin de réintroduire de l’étrangeté, du même chaque fois différent ; inscrire un décalage révélateur – une forme de résistance – dans chacune de mes photos.

     Je pensais connaître le Japon, mais, tout compte fait, je n’avais pas vu : il y a tant de choses à « revoir » dans ce pays déroutant et attachant.

Fushimi Inari - copie

     Tourism has become a ritual. Each place is cleverly marked, everything is staged. We follow each other like waves, on sites always full. We come to “see” and, above all, we want to record the proof of our presence: “I’m here” (on social networks), “I am staying here” (thanks to photography). The images sometimes replace the journey: « How was it your holiday? – I don’t know, I have not seen my pictures yet.” This ritual is beyond us, it makes you dizzy. Year after year, the tourism industry takes over all geography.

Ninomaru - copie

     Japan – a land of photography and photographers – lives in a daily bubbling of representations. Of everything, of nothing, but especially all the same. This project is born from the faintness within these crowds of photographs, while witnessing the exhaustion of the visited places and face to myself tired. I needed to reintroduce strangeness, something the same and each time different, by inserting a revealing shift – a form of resistance – in each of my photos.

    I thought I knew Japan, altogether, I had not seen: there is so much to be « seen again » in this puzzling and endearing country.

*Many thanks to Leica Camera France as I shot all these pictures using a Leica CL.

Kyoto Eki - copie

Kyoto Eki

Ginkakuji - copie

Ginkakuji

Fushimi Inari - copie

Fushimi Inari

Ni no Maru - copie

Ni no Maru

Gion - copie

Gion

Ninomaru - copie

Ninomaru

Nijo - copie

Nijo Jo

Sagano - copie

Sagano

Isuien - copie

Isuien

Togetsukyo - copie

Togetsukyo

Kinkakuji - copie

Kinkakuji

Arashiyama - copie

Arashiyama

Senjojiki Yama - copie

Sensojiki Yama

Tenryuji - copie

Tenryuji

Kurama - copie

Kurama

Tocho - copie

Tocho

Golden Gai - copie

Golden Gai

Shibuya - copie

Shibuya

Meiji Jingu - copie

Meiji Jingu

Tokyo Eki - copie

Tokyo Eki

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